La très grande variété des sous-vêtements masculins n'a finalement pas grand-chose à envier à celle des sous-vêtements féminins, avec un débat supplémentaire qui rappelle le dilemne du capitaine Haddock obligé de choisir entre "barbe dessus ou barbe dessous" (la couverture) : caleçon, slip ou boxer ?

Petite histoire du ringard redevenu à la mode

Il faut bien le dire, le slip a longtemps trainé une image un peu (beaucoup ?) ringarde, surtout le slip blanc, souvent associé au marcel… et pourquoi pas au bérêt et à la baguette, pendant qu'on y est !

C'est dans les années 80 que le caleçon revient en force, rajeuni, avec des tissus de coton imprimé jeunes qui bousculent le slip. Pour être in, il faut abandonner ce vêtement de grand-père, aux couleurs sans fantaisies et à l'interlock souvent fatigué.

Pourtant, lorsqu'il est inventé au début du XX° siècle, le slip est lui-même un emblème de modernité. Il remplace les longs caleçons du XIX°, d'ailleurs, histoire de faire simple, les québecois appelleront toujours les slips des caleçons ou des bobettes.

Bref, l'homme du XIX° portait le sous-vêtement long, blanc, chaud et pas très sexy. L'homme du début du XX° siècle, en pleine découverte du sport, montre ses jambes quand il joue au rugby ou qu'il court en attendant les jeux Olympiques. Le caleçon se raccourcit, tellement qu'il en perd ses jambes, le slip, signe de l'homme moderne est né !

Le caleçon moderne suit dans la foulée, puisqu'on le voit apparaître dans les années vingt, avec sa large ceinture élastiquée, il est la version sous-vêtement du short du boxeur.

Et ce vêtement devient l'emblème d'une génération dans les années 80, à l'occasion d'une pub Levis où un grand beau baraqué (on est avant l'époque des métrosexuels) nous la fait stripping à la laverie en montrant son caleçon.

Le jeune français se rue sur les caleçons, se balade tranquille chez lui en coton imprimé à fleurs, à nounours, à grosse pomme, à plan de métro en se sentant libre et sexy.

Mais le caleçon homme n'a pas que des avantages : ça flotte, trop pour certains (d'autres apprécient cette sensation de liberté, la barbe dessus ou dessous), ça peut gratter sous le pantalon, ça peut gêner sous le jean collant, et puis, finalement, vingt ans après, il faut changer, et c'est le retour en force du slip.

Du caleçon de boxeur au boxer

Le retour en force du slip, et du boxer, sous-vêtement entre les deux, qui a des jambes plus longues que le slip, à l'instar du caleçon. Au fait, saviez-vous qu'en anglais, caleçon se dit boxer shorts et que notre boxer se dit, quand à lui, boxer briefs ?

Le slip et le boxer (le nôtre) ont largement profité des progrès des tissus techniques, en particulier des élasthannes, le slip a emprunté au caleçon ses couleurs vives et son humour.

Bref, aujourd'hui, ce qu'un homme élégant porte sous son pantalon ou son short long est avant tout une affaire de confort personnel. Selon la saison, les activités prévues, il prendra l'un ou l'autre dans son dressing. La seule faute de goût à éviter définitivement ? Se retrouver dans la situation de Thierry Lhermitte dans Les Bronzés, incapable de sortir facilement de son jean trop moulant… et dévoilant un magnifique slip de grand-père !

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